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Conférence - Menace sur le vin, les défis du changement climatique


Dans le cadre du 12e Prix Régional du Livre Environnement, j'ai assisté il y a peu à la présentation à Lyon de l'ouvrage « Menace sur le vin : les défis du changement climatique » des auteurs Valéry Laramée de Tannenberg et Yves Leers. A l'heure où l'impact du changement climatique sur le vignoble entraîne un bouleversement de toute la filière, ils tentent de mettre en lumière les enjeux socio-économiques du secteur. Voici ce que j'ai retenu de leur présentation.
Menace sur le vin : les défis du changement climatique

Jamais le vin n'a été aussi bon, et la situation aussi grave. Le ton est donné. Pour les deux auteurs, spécialistes des questions climatiques et de l'environnement, la question n'est pas de savoir si le changement climatique va avoir lieu mais comment la viticulture française et mondiale va y faire face.

En effet le changement est déjà en cours et les statistiques et preuves du bouleversement du climat ne manquent pas. Depuis que l'on consigne les températures constatées dans les vignobles, les cinq années où la moyenne des températures a été la plus chaude dans la vigne sont les années 2000, 2005, 2010, 2014 et 2015. Etrangement récent. Cela soutient la thèse de l'accélération des phénomènes climatiques, et les gels exceptionnels des semaines précédentes dans la Loire et la Bourgogne ne vont pas contredire la tendance : les phénomènes de précipitations sont bouleversés et les changements de température plus violents.

Bien sûr, comme l'a expliqué Valéry Laramée de Tannenberg, le vignoble a déjà subi plusieurs changements climatiques au fil des siècles, c'est pour ça notamment que la culture de la vigne née en Perse est remontée peu à peu vers le Nord pour faire face au réchauffement dans le Sud (et aussi pour accompagner l'avancée des légions romaines, grandes consommatrices de vin, dans leur expansion au Nord !). Ce qui change aujourd'hui c'est la rapidité de l'évolution climatique : lors de la Cop 21 on a discuté d'essayer de rester en dessous des 2°C d'augmentation des températures d'ici 2100. Or si on continue comme actuellement on frôle déjà les 1,5°C de réchauffement.

Et les conséquences pour la viticulture se font déjà ressentir très concrètement. Dans le Sud de la France on voit déjà des vins titrer à 16°C d'alcool, à cause de la sur-maturité : les chaleurs sont telles que les baies de raisin contiennent un taux de sucre trop élevé. Cela pose des problèmes de gestion des vendanges, qui arrivent de plus en plus tôt et doivent quelques fois se dérouler dans des conditions particulières, notamment de nuit pour un fruit plus frais. Mais cela a aussi un impact sur la physiologie de la plante : dans le bordelais des chercheurs ont montré que le cépage merlot avait atteint son optimum ; dans les conditions actuelles il produit très bien mais avec un scénario de réchauffement son rendement baisse. La vigne connaît aussi des attaques de nouveaux parasites et ravageurs, à qui la chaleur profite. Autres conséquences, les régions viticoles se déplacent vers le Nord, par exemple on voit (ré)apparaître des vignobles en Angleterre.

La vigne souffre donc, et l'ensemble de la filière viticole va donc devoir s'adapter, et même si les changements n'ont pas toujours étés anticipés, à l'heure actuelle il existe plusieurs pistes. Les premiers efforts sont faits pour essayer de faire baisser le degré alcoolique des vins : des essais sont réalisés pour tailler la vigne différemment et favoriser la présence des feuilles qui protègent les baies du soleil, ou encore changer l'orientation du vignoble ou monter en altitude. Dans les vignobles étrangers où c'est autorisé, on pratique aussi la dilution avec de l'eau ou la filtration lors du pressurage pour retirer du sucre.

Mais les recherches les plus impactantes sur le long terme seront celles réalisées sur la variété et la diversité des cépages : dans le bordelais par exemple on teste une cinquantaine de nouveaux cépages qui ne sont pas encore autorisés actuellement. Une autre piste prometteuse est la réhabilitation des sols pour développer l'activité micro-biologique comme cela se pratique déjà en biodynamie. Enfin la recherche travaille sur la piste génétique pour créer des hybrides plus tardifs et plus résistants, qui n'auront pas besoin de traitements phytosanitaires.

En conclusion, tout n'est donc pas perdu donc si l'on accélère les transformations des pratiques culturales et s'appuyant sur l'agro-écologie, le bio et la biodynamie. Pour découvrir ces solutions vous pouvez lire le livre « Menace sur le vin : les défis du changement climatique ».

Une question me taraude en sortant de la conférence : les viticulteurs vont connaître dans les années qui viennent de grands défis, mais nous, que pouvons-nous faire en tant que consommateurs concernés et amateurs de vin ? Une réponse qui me vient assez naturellement : s'intéresser pour mieux comprendre et mieux choisir nos flacons, consommer responsable, privilégier les vins produits dans le respect de l'environnement... encore et toujours, jusqu'à ce que nos principes fassent des émules parmi nos proches et les proches de nos proches, assez pour pousser au changement tout la filière vin !

Marie Koch

 

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